Prologue

Hyères, le 17 Octobre 2007

L'obscurité venait d'abattre son épais rideau sur la ville... On commençait à ressentir l'agitation dans le centre ville tandis que le calme imposait sa lourde présence dans les campagnes environnantes. C'est alors que le téléphone se mit à sonner dans une maison située au pied de la colline qui dominait la ville, maintenant étincelante. Une dame, que la vieillesse avait gagnée, saisit alors le combiné. Rien ne laissait présager ce qui était arrivé, quelques minutes auparavant...

Commencé le 9 Février...

- Allô, j'écoute ! souffla-t-elle de sa voix épuisée.
- Madame Trilliaw ?
- C'est moi-même...
- Docteur Aara au téléphone, de l'hôpital du Port Louis de Lorient... précisa une voix masculine, dont le tremblement avait quelque chose d'inquiétant. Il s'est passé... Une chose... Une chose grave est arrivée !

Inspiré en partie de la vie de l'auteur...

La vielle dame, nommée Giula, ne bougeait plus. On pouvait entendre seul son souffle allaitant.
- Votre fille Julie, et son fils Senn Trilliaw, reprit le docteur, ont eu un accident de voiture... Un poids lourds les a percutés sur une voie rapide... Votre petit-fils Senn a subi un traumatisme crânien importante et il a de nombreuses fractures. Il est actuellement en réanimation, ses jours ne sont plus en danger mais il va garder des séquelles... à vie !

Réalisé par Rosnan *******...

- Quant à votre fille... Je suis désolé... Elle n'a pas survécu... Nous n'avons pu rien faire. C'était trop tard !
La grand-mère lâcha le téléphone qui s'écrasa à terre. Son visage se raidit, les larmes coulèrent et dans un cri sourd, elle tomba à genoux... Son mari, un homme dont le c½ur n'avait jamais été la faiblesse tellement il était insensible comme le disait Senn, se tenait là, contre la porte, il avait tout entendu... Ses yeux s'étaient froncés et il observait sa femme, perdue. Il partit dans son bureau, dont il ferma la porte à clef...

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Où seul le noir domine...
Où seul le noir réside...
Où seul,
Senn résiste...
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« Teintes inconnues »
Prologue

# Posté le samedi 09 février 2008 13:39

Modifié le mercredi 13 février 2008 15:49

1. Des yeux

Hyères, un mois plus tard...

_____Une voiture s'avança dans l'allée de terre boueuse. Il pleuvait. Elle vint se garer devant le perron de la sinistre maison. Les portières s'ouvrirent et deux personnes âgées sortirent. Parmi eux se trouvait Giula qui se dirigea vers le coffre, elle sortit des valises et autres sacs qu'elle s'empressa de mettre à l'abri. Son mari, surnommé Tentor, tapa sur la vitre de la portière arrière et dit d'une voix rauque, bien qu'il la voulût la plus douce possible :
- Sors d'ici... Nous y sommes.
Tentor n'eut aucune réponse. Cependant il maîtrisa sa colère naissante et rajouta, comme pour montrer un signe de sa compréhension :
- Très bien, nous t'attendrons à l'intérieur.
Et le vieillard monta les quelques escaliers du perron et rentra dans la maison laissant les derniers bagages à sa femme qui finit rapidement de tout rentrer. Ensuite, elle jeta un dernier regard vers la vitre de la portière à l'arrière de la voiture, puis baissa les yeux avant de refermer la porte de la maison derrière elle.
Il était maintenant seul, assis sur la banquette arrière, les yeux fermés. Sans doute s'était-il arrêté de réfléchir, il laissait son esprit libre. Il ne se concentrait sur rien. C'était sûrement ce qu'il attendait le plus depuis un mois, être seul, enfin seul ! Il ouvrit ses paupières, laissant apparaître légèrement le magnifique bleu de ses yeux derrière des cheveux blonds qui lui tombaient sur l'épaule. Il fixait ses mains, toujours sans un mot, puis il soupira :
- La discrétion n'est pas des gens de ce monde... La rumeur a dû passer.
Il ouvrit la portière, prit le sac à coté de lui, puis monta les escaliers du perron, avant de s'engouffrer dans sa nouvelle demeure.
Au fond de l'allée se trouvait en effet une autre voiture à l'arrêt d'une couleur assez sombre. Elle se trouvait dans l'obscurité et les deux hommes qui s'y trouvaient avaient pris soin d'éteindre les phares afin de ne pas être repéré. L'homme au volant pris alors la parole :
- C'est lui...
- Je le voyais plus vieux, à vrai dire... fit remarquer le deuxième homme dont les cheveux gris argentés cachaient eux aussi un regard sévère, mais sa voix avait quelque chose de rassurant.
- Il va avoir 17 ans en janvier...
- Il est si jeune et pourtant et il vient déjà de surmonter plus de souffrances qu'un homme n'aurait dû en avoir en une vie entière...
- Regardez le bon côté des choses, c'est un miraculé...
- Je sais, Nilliastor... ce gamin doit être un des premiers a développer une résistance aussi impressionnante. C'est peut-être là le précurseur d'une espèce humaine plus forte... Je te demanderai de veiller à ce qui ne lui arrive rien pendant quelques temps. Je tiens à le connaître. Une force inconnue me pousse à croire que nous n'avons pas fini d'en parler... Comment se nomme-t-il déjà ?
- Senn, son nom est Senn !

# Posté le samedi 09 février 2008 15:22

Modifié le mercredi 13 février 2008 15:40

2. Le cri

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____
____Senn referma la porte en ayant jeté une dernière fois un coup d'½il sur la voiture qui les avait suivie, dont à l'intérieur deux hommes l'avaient observés. Il scrutait à présent le hall d'entrée comme s'il y cherchait quelque chose. En fait, Senn connaissait chaque coin et recoin de la maison, chaque détail bien qu'il n'y ait pas posé le pied depuis six ou sept ans. Giula descendit alors les escaliers à la droite du hall.
- J'ai posé tes affaires dans la pièce blanche du second étage. Veux-tu que je te la montre ? demanda-t-elle.
- Ne te donne pas cette peine, je la connais, mais je te remercie, répondit Senn en faisant un léger sourire.
Sur ce, il commença à monter les escaliers afin de se rendre dans sa nouvelle chambre mais il rajouta en prenant le bras de sa grand-mère d'une main assurée :
- Si la voiture à l'entrée de l'allée est toujours là dans une heure, appelle la gendarmerie, ces gens-là ne me disent rien qui vaille. Et j'aimerais que tu m'inscrives dans un établissement, je ne veux pas rester plus longtemps à ne rien faire. Cela me changera les idées !
Et Senn monta au deuxième étage, et s'enferma dans sa nouvelle chambre, blanche, où il s'empressa de fermer les volets. Plongé dans le noir, il chercha à tâtons dans le tiroir et trouva une boîte d'allumettes et en craqua aussitôt une. Ainsi, il éclaira une bougie posée sur une petite table, tout près d'un lit au drap blancs eux aussi. Il avait pris le goût à l'obscurité et n'aimait plus beaucoup la lumière du jour, bien que la nuit à l'extérieur était tombée, et que la pluie rendait les ténèbres plus sombres encore.
Ses bagages avaient été placés dans un coin de la pièce, il n'y prêta pas plus attention ce soir-là. Il ne devait pas non plus être tard mais il avait décidé de ne pas manger... Il se déshabilla, et se glissa dans les draps. Quelques secondes plus tard, il avait soufflé sur la bougie et s'était endormi...
Pendant ce temps, les deux hommes de la voiture étaient partis mais quelques heures plus tard, une autre voiture vint se garer à une cinquantaine de mètres de l'allée. C'était le même homme qui avait conduit l'autre voiture, Niliastor... Celui-ci avait l'air fatigué mais on sentait en lui l'indécision, il transpirait. Il tremblait ! Il enfila alors des gants et se mit à chercher une chose dans son sac nerveusement. Il en ressortit une arme qu'il contempla quelques secondes. Il respira un bon coup et plaça le pistolet chargé dans la poche de son jean. Il sortit ensuite de sa voiture qu'il oublia de fermer, et se dirigea vers l'allée qui menait à la maison de la famille Trilliaw. Ne voulant pas être repéré, il ne passa pas par cette allée et s'engouffra dans la végétation alentours afin de se rapprocher. Il paraissait toujours nerveux et tremblait toujours. Il tenait à présent son pistolet à la main, le doigt sur la détente...
Quelques minutes plus tard, un cri strident retentit du deuxième étage de la maison...
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# Posté le dimanche 10 février 2008 15:49

Modifié le mercredi 13 février 2008 15:41

3. Sous un rayon de lune

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____Giula ouvrit en catastrophe la porte de la chambre. Senn se débattait dans ses draps criant toujours, il souffrait, les expressions de son visage le montraient. Giula s'empressa alors de le tenir, tant qu'elle pût, immobile dans son lit. Senn gardait les yeux fermés et continuait de hurler. La scène avait un effet terrifiant... La fenêtre de la chambre était ouverte, ainsi que les volets, à moitié brisés, rabattus par le vent contre le mur. Seuls les rayons blanchâtres de la lune traversant les épais nuages apportaient un éclairage à la pièce. Senn s'arrêta soudain de hurler et son corps se figea après que son bras se fut déplié et que sa main traînât sur le sol....
Des bruits dans le jardin se firent entendre. Quelque chose bougeait. La grand-mère, encore posée sur Senn, se releva brusquement et vint à la fenêtre. Elle ne vit qu'une ombre qui s'enfuyait le long de l'allée... Son mari arriva dans la pièce, effrayé. Il s'écria :
- Giula ! Regarde ! Par terre !
Le regard de la grand-mère se posa sur le sol, rouge... Une immense tâche rouge vif se trouvait sur le sol...Elle poussa à son tour un hurlement avant de se ruer sur Senn, toujours inconscient, dont elle enleva les draps d'un seul geste. Rien ! Elle tourna son corps, toujours rien ! Aucune blessure ! Aucune tâche de sang sur lui ! Quelle était ce rouge sur le plancher de la chambre ? Tentor, plongé lui aussi dans une totale incompréhension, s'approcha de la tâche. Il tendit le bras et après une légère hésitation, toucha le sol. Le rouge n'était pas fluide ! C'est comme si il était incrusté dans le sol ! Il essaya alors de le gratter, rien... comme si la tâche rouge avait toujours existé et qu'elle faisait partie du plancher...
Senn reprit ses esprits douloureusement. Il se mit à tousser et se prit la gorge dans les mains. Il s'étouffait presque ! Giula se dépêcha d'aller lui chercher un verre d'eau tandis que Tentor lui donnait des tapes dans le dos. Lorsqu'elle revint, Senn allait déjà mieux, il but cependant le verre d'une seule gorgée.
- Que s'est-il passé, Senn ? demanda Giula.
- Je n'en sais rien, j'ai dû faire un cauchemar... mais ce serait plutôt à moi de vous demander ce qui s'est passé ! Pourquoi les volets sont-ils ouverts ? Ainsi que la fenêtre ? Et quelle est cette étrange tâche rouge sur le sol ? Elle n'y était pas avant...
- Nous n'en savons rien, répondit Tentor d'une voix ferme avant de partir de la pièce.
- J'ai entendu quelque chose, moi... lui murmura Giula lorsque son mari se fut exilé. Dans les buissons tout à l'heure, j'ai vu une ombre s'en aller... traverser l'allée...
- Nous verrons cela demain, je ne pense pas qu'il y ait encore du danger pour la fin de la nuit...
Giula sortit de la pièce, en jetant un regard inquiet sur Senn, qui se tenait à la fenêtre scrutant l'immense terrain de la propriété de ses grand-parents. Il fronça les yeux et ferma à nouveau les volets...
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# Posté le dimanche 10 février 2008 17:12

Modifié le mercredi 13 février 2008 15:41

4. Libre mot

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____Senn descendit dans la cuisine. Il était seul dans la maison, ses grand-parents s'étant absenter pour la matinée. Près d'un bol et d'une boîte de céréales disposés sur une table, se trouvait un journal et un mot laissé par Giula. Il prit la feuille sur laquelle était écrit :

Ton grand-père et moi ne serons pas là de la matinée.
Nous avons fermé la maison à clef et n'avons pas ouvert les volets afin d'éviter tout danger.
Le téléphone se trouve dans le salon, appelle la police si quelque chose te paraît suspect.
Je t'ai inscrit dans un lycée de la ville de Toulon, tu commences demain...
Nous t'aimons Senn...


Senn ne prit pas le temps de lire le mot et le jeta directement à la poubelle, murmurant qu'il n'y aurait aucun danger ce jour-là. Il s'assit sur une chaise, passa une main dans ses cheveux, qui lui tombaient toujours sur le visage. Il saisit alors le journal, qu'il ouvrit instinctivement à la page sept.
- Voyons voir un peu ce qu'ils disent sur moi...
En effet, un article sur Senn avait été rédigé. Un sourire apparut sur ses lèvres...

« Le 17 octobre dernier eut lieu un des plus graves accidents de voiture dans la rocade de Lorient (Bretagne). Un conducteur de poids lourd ivre percuta une voiture sur un pont, et entraîna la chute de plusieurs dizaines de voitures dans le vide à cette heure où le trafic était très dense. Résultat : 43 morts et un blessé grave. Enfin, c'est ce que les médecins crurent tout d'abord car ce jeune homme de 16 ans, nommé Senn Trilliaw avait un traumatisme crânien important et de nombreuses fractures. D'après les maintes et maintes diagnostics des docteurs, celui-ci aurait dû être handicapé à 70% et n'aurait plus pu marcher... Mais le miracle se produisit, car trois jours après l'accident, Senn Trilliaw, plongé dans un coma, se réveilla et partit directement de l'hôpital pour rejoindre son domicile à pied, à vingt cinq kilomètres de chez lui. Aujourd'hui, ce garçon réside chez ses grands-parents dans la ville de Hyères ( Var). Il devrait être appelé à faire des analyses médicales car déjà des scientifiques s'intéressent à lui et son corps. Comment ce jeune homme de 16 ans s'est-il sorti indemne, sans aucune séquelle, d'un accident qui aurait dû lui être fatal tellement le choc était important ? Comment un corps de cette jeunesse a-t-il pu défier les lois de la mort ? Ce garçon devrait être l'attraction de milliers de gens durant plusieurs mois. Il va sûrement attirer des foules de curieux. Mais pour la science, c'est peut-être un nouvel élément qui est apparu : l'aube d'une race humaine plus forte ! Senn Trilliaw pourrait offrir de nouveaux espoirs aux malades qu'il est impossible de soigner, ou aux blessés sur le point de rendre l'âme. Ce miraculé acceptera-t-il d'aider ou montrera-t-il un c½ur de pierre face aux éventuels progrès ? Sommes-nous confrontés à un dieu ou à un monstre ? Seul lui en décidera !
Ivioli Loreunal »


Senn serrait ses poings atrocement, si bien que du sang coula le long de son bras tellement il forçait. Pour la première fois depuis l'accident, la colère gagna son esprit et une larme, synonyme de toutes les souffrances endurées, coula de ses yeux. Il s'écria en se levant brutalement :
- Ils n'ont même pas parlé de ma mère ! Ils n'en ont pas dit un seul mot ! Ils ne comprennent pas...et veulent me faire passer pour un monstre si je n'accepte pas les expériences... Je n'ai rien d'exceptionnel, qu'ils aillent tous au diable car ma vengeance serait terrible !

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# Posté le lundi 11 février 2008 08:24

Modifié le mercredi 13 février 2008 15:42